22 août 2008

Vers des frais d’entrée progressifs à l’université

L’université française est aujourd’hui confrontée à de nombreux défis, dont la menace du déclassement. Si la loi Pécresse a déjà donné plus d’autonomie aux établissements, un des enjeux majeurs demeure le financement, aujourd’hui insuffisant. Parce que l’Etat ne peut éternellement augmenter les impôts et que les besoins sont considérables, l’université doit s’orienter vers un système de frais d’entrée progressifs, c’est-à-dire corrélés aux revenus des parents (système en vigueur à Sciences Po).

Ce système répond de manière efficace et structurelle au problème du financement et des moyens. Il ne signifie absolument pas un désengagement financier de l’Etat. Mais des ressources financières supplémentaires et pérennes qui permettront de garantir la modernisation et la compétitivité de l’université et de sa recherche (pour nos étudiants comme pour attirer les étudiants étrangers), qui permettront de mieux former les étudiants. Nous ne pouvons plus continuer à délaisser l’université, notamment par rapport aux grandes écoles (dont les moyens sont incroyablement supérieurs). D'ailleurs, l'Etat consacre 2 fois plus d'argent à un élève de prépa qu'à un élève en université.

Egalité des chances.jpgIl est juste. Un système universitaire équitable ne repose pas sur un égalitarisme conservateur (synonyme bien souvent de nivellement par le bas), mais sur une conception positive de l’égalité des chances, qui est au coeur de cette mesure. Les parents qui ont davantage les moyens payeraient davantage : pour un bénéfice qui serait collectif. Les parents aisés sont les premiers à reconnaître qu’un enseignement de qualité a un coût, qu’ils seraient prêts à assumer davantage.

Enfin, il responsabilise les étudiants. Le droit à l’éducation (université qui demeurerait bien entendu largement subventionnée, garantie de filières…) implique un devoir de motivation et d’investissement des étudiants, qui serait renforcé. Le système permettrait également d’éviter les trop nombreuses erreurs de parcours ou inscriptions fictives. Comme partout, liberté et responsabilité sont indissociables.

Je suis convaincu que notre système universitaire a besoin de mener cette révolution culturelle, qui doit devenir un des chantiers phares des années à venir. Pour plus d’efficacité. Pour plus d’équité.

Commentaires

Wouahou !!! Hadrien, félicitations d'avoir eu l'initiative de ce blog. Ca va m'inspirer pour notre nouveau job (surtout ce genre d'articles!)

bisousss

Ecrit par : Cam | 25 août 2008

intéressant article, tu te bonifies avec l'âge mon garçon

Ecrit par : perreault | 02 septembre 2008

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